Valentine Goby « Un paquebot dans les arbres » éditions Actes Sud.

111735266_modifié1982, Mathilde marche au hasard parmi les décombres d’un bâtiment laissé depuis bien longtemps à l’abandon. Elle se souvient de ce paquebot de béton construit au milieu des arbres où son père et sa mère ont séjourné pour raison de santé.

Ce lieu rempli de malades, de mourants, où elle se rendait régulièrement pour rendre visite à Odile et Paulot.

Mathilde se souvient de son enfance au milieu des années 50 dans le bar de ses parents à La Roche Guyon, café-bar qui faisait office de point de ralliement pour tous les villageois. Les samedis soirs la salle était dédiée à la danse, à la musique, aux jeux et aux rires.

Paulot jouait de l’harmonica entraînant la foule à danser toute la nuit. Odile, regardait admirative son homme se déhancher avec Annie leur fille aînée tandis que Mathilde du haut des escaliers s’imaginait être à la place de sa grande sœur.

La vie n’était qu’insouciance, mais ces moments d’euphorie furent stoppés net par la maladie de Paulot. La tuberculose.

Mathilde se souvient du départ de son père pour le sanatorium d’Aincourt. De la faillite, du déménagement forcé pour se retrouver dans un petit appartement. Des dettes qui s’accumulent parce que ses parents étaient incapables de penser au pire.

Annie quitte la famille pour faire ses études à Paris, devient infirmière, se marie, fait un enfant et coupe les liens avec ses parents sa sœur et son petit frère Jacques.

Mathilde et Jacques doivent être placés dans des familles d’accueil suite au départ de leur mère pour le sanatorium.

Mathilde se rend régulièrement auprès de ses parents malgré l’interdiction de la veuve qui l’héberge.

Mathilde doit tout assumer alors autant demander l’émancipation et retourner vivre dans la maison à La Roche malgré les scellées mises aux portes.

Elle vit enfin « chez elle » même si la vie est difficile. Mathilde a sa fierté, elle est volontaire.

La santé de sa mère s’améliore et  retourne vivre avec Mathilde et Jacques-dont Mathilde a pu obtenir la garde. Quant à Paulot, il restera jusqu’au moment il sera ramené chez lui pour y mourir.

Valentine Goby nous invite dans la vie d’une famille des années 50, une famille ne pensant qu’aux joies de la vie, dépensant sans compter sans se soucier de l’avenir. Incapable de payer les frais médicaux, se retrouvant complètement démunie de toute ressource financière.

Les années 50 période des trente Glorieuses où la sécurité sociale créée depuis peu permet aux salariés une protection sociale, la croissance économique du pays est réelle mais beaucoup ne savent pas encore jouir des avantages que le gouvernement leur offre.

Très bon livre que je recommande, belle histoire racontée à travers le regard d’une enfant battante et fière retraçant la vie d’une famille imprévisible et insouciante entraînant avec elle leurs enfants dans la destruction et l’éclatement de ce noyau familial.

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