Emilie Guillaumin « Féminine » éditions Fayard.

feminine-copiePas facile de se faire une place dans cet univers plus que masculin qu’est l’armée. Mais c’est un choix volontaire et déterminé qu’a fait Emma Linares, une journaliste peu épanouie dans son métier.

Cela faisait si longtemps qu’elle aspirait à cette vie d’aventures.

Avait-elle besoin d’être dirigée, faire partie d’une vraie famille soudée contrairement à la sienne ?

Emma admire les militaires qu’elle considère comme des héros et cela depuis bien longtemps, elle aime les chants lors des défilés qui lui donnent le frisson et l’envie d’être parmi eux.

Elle est fascinée par les films de guerre s’imaginant vivre ces histoires d’hommes.

Elle est certaine que sa place est là-bas dans les rangs. Elle s’en donne les moyens et va rejoindre cette grande famille qu’est l’armée.

Après des tests, une prépa à Dracy, elle se retrouve à Saint-Cyr Coetquidan pour faire l’école des sous-officiers. Elle vit ces moments avec passion et détermination.

Mais les mois passants, elle se rend compte de la difficulté de cette épreuve qui lui semblait nécessaire. Les séances de tirs de Famas, alors qu’elle déteste les armes, les marches de jours comme de nuits par n’importe quels temps, les marches où l’on ne peut plus penser tellement la douleur est forte et l’humiliation omniprésente. Les manœuvres en pleine nuit marchant comme des zombies. Les gardes de nuit alternées de deux heures de sommeil.

Cette vie est-elle faite vraiment pour elle ?

Ne se serait-elle pas trompée ?

Sa place est-elle auprès d’hommes dont les trois quart reviennent de mission de l’étranger, traumatisés, parfois devenus presque fous. Ne parlant que de la guerre, de sexe et d’alcool.

Elle est tiraillée entre ses choix. Revenir à la vie civile auprès d’Hugo qu’elle a rencontré peu de temps avant son départ, ou bien rester et continuer cette aventure. Le choix est difficile, mais il se fera par la force des choses.

« Féminine » est le premier roman d’Emilie Guillaumin.

Roman autobiographique retraçant une période de sa vie, une parenthèse de son existence qu’elle devait impérativement vivre.

J’ai eu personnellement un peu de mal à rentrer dans l’histoire de cette femme. Mais j’ai fini par m’y intéresser et je me suis mise à sa place en tant que femme comme elle.

J’ai fini par admirer son courage et sa détermination malgré ses doutes.

Bien décidée à réaliser son rêve elle finit par prendre conscience qu’elle n’est pas faite pour cela.

Redevenir femme et ne plus être féminine – nom donné aux femmes qui rentrent dans l’armée – reprendre sa vie civile lui est apparue comme une évidence alors qu’elle devait partir en mission pour la Guyane.

Avoir peur de ses choix quant à sa vie future. Faut-il regretter ou non ?

Elle se souviendra toute sa vie de ces moments forts et douloureux et des militaires tels que Mocquet, Paufin, Pieric, Simonnet, Dorian, ces hommes prêts à mourir pour la France. Souffrants de symptômes post-traumatiques après chaque mission à l’étranger. Ces hommes qui vivent dans un univers plus que fermé.

« Trop sensible » lui avait-on dit lors des tests…..

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