Arnaud Floc’h & Grégory Charlet « Le carrefour » éditions GrandAngle.

image-7dsc_0008Depuis ce terrible accident en automne 1955 qui a coûté la vie à deux jeunes femmes, Elias Baumer, n’est plus le même. Son existence n’est que silence, tristesse et interrogations.

Devenu enquêteur pour une société d’assurance, il décide malgré le refus de son patron de se rendre sur les lieux du drame survenu il y a quelques années.

Il enquêtera également sur un accident d’autocar ayant provoqué la mort de 15 enfants.

Il se rend dans le petit village d’Yvette Sur Liong. Village étrange, dont la mort semble omniprésente. Où les habitants sont comme imprégnés de cette fatalité.

Le carrefour meurtrier est un lieu sacré pour eux. Chacun ramasse ses morts et les honorent à sa façon.

Marianne, la fille d’Elias, décide de le rejoindre afin de savoir pourquoi sa mère l’a quitté, pourquoi son grand-père a fui à l’autre bout du monde et pourquoi sa grand-mère s’est suicidée peu de temps après. Trop de questions sans réponses. Il faut qu’elle sache à tout prix.

Chacun reste stagné sur des non-dits. Le silence est la pire chose. Elias en est conscient. Mais il doit résoudre cette enquête pour comprendre pourquoi il en est arrivé là.

Elias finira enfin par découvrir la vérité dont il en fera part à Marianne. Tous ces aveux vont pouvoir changer sa vie et la relation qu’il a avec elle.

« Le carrefour » est un sujet grave, mais malheureusement d’actualité. Un tragique accident parvenu quelques années auparavant et la vie de personnes est détruite.

Cette histoire évoque les non-dits, les rumeurs, les colères, la folie des personnes touchées par les drames de la route.

Des conséquences parfois irréversibles.

Il fallait qu’Elias passe par cette étape pour se soulager d’un poids et d’une peine qui l’empêchaient d’avancer.

Malgré les couleurs tendres utilisées dans cette BD l’histoire est sombre, l’ambiance est pesante parfois.

L’histoire se passe durant mai 68 et la tension est palpable même dans les villages. Le travail se fait rare ce qui n’arrange rien et la venue d’Elias ne fait qu’envenimer les choses. Remuer le passé n’est pas une bonne chose.

On retrouve régulièrement des flash-back nous rappelant le poids de la souffrance que peut ressentir Elias. Le passé qui l’écrase.

Les dessins sont d’une grande finesse, les expressions sont marquées , les regards profonds. Il règne une drôle d’atmosphère dans cette BD. Est-ce le sujet qui est traité ou bien tous ces personnages parfois étranges comme cette femme qui ramasse les chats écrasés, ce jeune garçon qui cherche désespérément sa main qu’il a perdu dans un accident sur ce fameux carrefour ou le patron de l’hôtel qui passe son temps à dessiner des camions militaires. Et puis il y a Paul, qui apprend à son lapin à courir pour gagner la course qui aura lieu dans le village.

« Le carrefour » est une très belle BD et même si le sujet est grave, c’est une très belle histoire.

Une interview est prévue avec Arnaud Floc’h durant le festival  « Quai des Bulles » qui se déroule à Saint-Malo les 28-29 et 30 octobre 2016.

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