Motoya Yukiko « Comment apprendre à s’aimer » éditions Philippe Picquier.

comment-apprendreNe cherchez pas dans ce livre de l’action, du suspens, mais une très belle réflexion sur le bonheur à travers le regard d’une femme.

Une femme qui, tout le long de sa vie n’a cherché que la perfection auprès de personnes qui l’entouraient. Trouver des amis qui lui apportent ce bonheur parfait. Trouver l’amour, trouver l’homme qui saura la rendre heureuse. Mais où est le bonheur, quelle est la vraie définition du bonheur, celui qui vous fera oublier le reste. Linde, elle ne pense qu’au reste et oublie le bonheur qui est près d’elle. Elle passe à côté de choses simples et précieuses. Est-ce cela être heureux ? Passer son temps à chercher ce qui est autour d’elle et qu’elle ne voit pas ou qu’elle ne veut pas voir ?

Linde a 16 ans, alors qu’elle commence à se faire de nouvelles amies, elle décide de couper court à cette nouvelle relation, estimant que ces deux nouvelles camarades ne sont pas suffisamment bien pour elle. Elle, cette jeune fille exigeante, cherchant quelque chose qu’elle ne trouvera peut-être jamais.

A 28 ans, Linde toujours aussi stricte envers les autres, n’accepte pas la critique estimant qu’elle seule a raison.

Une simple dispute peut virer au « drame », prête à quitter l’homme qu’elle aime. Mais l’aime-t -elle réellement ?

Leurs conversations ne lui apportent rien. L’attention que lui porte son ami ne lui convient pas, elle en veut plus.

Ses décisions sont parfois radicales voire irréversibles.

Elle préfère stopper sa relation comme elle quitte une salle de cinéma en plein milieu du film parce qu’elle s’ennuie. Mais sa vie serait-elle un film qu’elle met en scène comme un réalisateur trop rigide voire capricieux ?

A 47 ans, Linde ressasse le passé, son divorce n’a rien changé dans son comportement impulsif. Sa rancoeur est tenace.

Le jour où elle rencontre Joe, elle tente d’être modérée, mais à la moindre remarque de la part de cet homme qui semble lui plaire le charme disparaît.

Linde est une éternelle insatisfaite. Elle est incapable de prendre les gens tels qu’ils sont. Les aimer pour ce qu’ils sont. Mais s’aime-t-elle vraiment ?

Les années passent, Linde est seule dans son petit appartement. Ses journées sont réglées sur un papier, où tous les matins, elle écrit ce qu’elle doit faire, n’acceptant pas le moindre changement dans son emploi du temps.

Son caractère impulsif, orgueilleux, capricieux n’a pas changé. Elle ment toujours avec le même aplomb. Mais malgré que les autres ne peuvent lui apporter ce qu’elle souhaite, elle s’en ai accommodé.

« Lin, tu seras une grande personne méchante. » lui avait dit sa maîtresse.

Comme beaucoup d’auteurs japonais, les histoires qu’ils narrent sont bercées par une certaine zénitude. Les sujets traités sont plus des questions existentialistes sur la vie, les hommes, les choses, la nature.

Dans le livre de Motoya Yukiko, j’aime cette douceur d’écriture qui glisse doucement au fil des pages.

C’est comme une étude philosophique ou psychologique faite à travers la vie d’une femme où chacun pourrait s’y retrouver.

Je lis beaucoup de romans japonais tels que les livres de Yoko Ogawa, d’Aki Shimazaki et bien entendu d’Haruki Murakami, je savais que je ne serai pas déçue de Yukiko Motoya.

 

A suivre donc…..

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