Zep « Un bruit étrange et beau » éditions Rue de Sèvres.

Depuis 25 ans Marcus autrefois Williams vit cloîtré au monastère de la Valsainte.

Depuis 25 ans le silence est son seul  compagnon de route spirituelle. Sortant que très rarement, sa vie n’est que prières et chants. Inlassablement, jour après jour, mois après mois, année après année, il s’est détaché de la vie extérieure oubliant ce monde qu’il ne considérait pas comme le sien. Celui qui ne lui ressemblait pas.

Ayant appris la mort de sa tante Elise, Marcus doit quitter son monde de recueillement pour affronter le tumulte de la vie extérieure, celle qu’il ne connaît plus, cette vie qu’il a oubliée comme son passé dont il a occulté tous ses souvenirs.

Marcus doit se rendre chez le notaire afin d’assister à la lecture du testament de sa tante, cette femme qui comptait tant sur son neveu pour prendre la succession des affaires familiales.

Difficile d’affronter le bruit, les gens qu’il ne côtoie plus depuis trop longtemps.

Il prend le tgv pour se rendre à Paris. Dans le train, la jeune femme assise face à lui entame la conversation. Comment retrouver les mots qu’il faut quand on a oublié le plaisir de la discussion ? La jeune femme l’interroge sur sa vie de monastère, sur la religion, l’amour de Dieu, la mort et sur sa vie d’avant.

Leurs chemins se séparent sur le quai de la gare.

Williams se rend chez le notaire, mais la séance est annulée. Son cousin Gabriel étant trop ivre pour assister à la lecture du testament.

Sa cousine Tolède l’invite chez elle pour la nuit. Le lendemain, ils retournent chez le notaire. Et chacun repart avec sa part d’héritage.

Williams devra rentrer au monastère avec une magnifique toile de Modigliani de plusieurs millions d’euros.

Errant dans le rues de Paris, il décide, le tableau sous le bras, d’aller rendre visite à la jeune fille du train. Elle tient une crêperie avec sa sœur quai aux fleurs.

Etant absente, il va la rejoindre sur les berges de la Seine où elle se baigne. Elle lui propose de le rejoindre et les voilà tous les deux nageant tranquillement. L’eau est si froide que Williams a envie de hurler, mais son vœu de silence l’en empêche.

Tous les deux passent l’après midi à se balader dans les rues de Paris, profitant de la douceur du temps. Goûtant aux joies d’une vie simple et heureuse.

Mais Williams se doit de revenir à la réalité, sa réalité, sa vie de moine, sa vie de silence qu’il s’est imposée.

Il quitte Méry pour retrouver sa cellule en laissant le tableau en guide de cadeau afin qu’elle puisse s’offrir l’opération d’une greffe qui lui sauvera la vie.

Vingt six ans plus tard………

Je connaissais Zep pour son humour grâce à Titeuf mais je viens de découvrir un écrivain capable de jouer avec notre réflexion. Réflexion spirituelle. Sur les choix de chacun,  sans jugement, sur le respect de soi, de l’autre, sur l’amour de soi, de l’autre, sur la recherche de soi quelque soit le chemin.

Serions-nous capables d’aller s’enfermer dans un cloître et faire vœu de silence ? L’homme est-il fait pour cela ? Ne plus communiquer, ne plus s’exprimer, ne parler qu’à soi même, ne plus s’aimer, ne plus aimer hormis Dieu ?

Est-ce une fuite afin d’éviter ce dont nous ne sommes pas capables d’affronter, une punition, un choix délibéré ?

« Quitter les mots pour aller vers la Parole » mais la parole de Dieu est-elle une fin en soi…..

Encore un gros coup de cœur.

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