Maïssa Bey « Cette fille-là » éditions l’Aube.

A travers ce livre bouleversant, Maïssa Bey raconte l’histoire de Malika. Trouvée sur une plage alors qu’elle était encore bébé, recueillie par une famille ayant déjà cinq enfants…. Mais cette histoire commence-t-elle vraiment ainsi ? Malika ne l’aurait-elle pas imaginée comme elle sait si bien le faire. S’inventer des vies selon ses envies et son public. Malika maîtrise l’art de l’affabulation et savoure ces moments de récits imaginaires auprès des filles du foyer où elle vit. Foyer où sont hébergés des jeunes, des vieilles femmes, des malades, des oubliés de la vie. Des êtres dont plus personne ne veut.

Malika est avide d’histoires, elle aime écouter ces vieilles femmes, racontant leurs vies avant qu’elles ne se retrouvent enfermées.

M’a Zahra la doyenne du foyer morte cette nuit, celle qui fut mariée de force alors qu’elle n’avait que dix ans.

Fatima, fait revivre son passé par de grands monologues nocturnes. La peur du père reste présente. Devant fuir avec sa mère et sa petite sœur cet homme qui n’avait qu’un but, la tuer.

M’barka, la seule femme noire du foyer. A 16 ans, elle quitte tout pour suivre Aïssa pour retrouver la terre de ses ancêtres. Aïssa est un homme bon et qui aime M’barka. Mais Hawa, une infirmière souhaite devenir la deuxième épouse de Aïssa pour lui donner des enfants. M’barka ne supportant pas cela décide de partir.

Malika se nourrit de ces histoires. Imaginaires ou réelles peu importe. Elles alimentent sa colère qu’elle garde en elle depuis si longtemps. Comment ces femmes ont-elles pu vivre ainsi, elles qui ne semblent pas avoir de haine ni de colère. Pourquoi ont-elles accepté ces vies si tourmentées et douloureuses ?

Ce livre est comme un hommage à toutes ces femmes qui n’ont pas choisi de vivre ainsi, qui ont subi leur existence de femmes soumises, domestiquées, violentées, oubliées.

C’est par le biais de ces récits de femmes que Maïssa Bey exprime sa colère face à une société irrespectueuses des femmes. N’attachant aucune importance à leurs conditions leurs avis leurs désirs.

Maïssa Bey raconte ces histoires avec des mots forts et percutants pour nous laisser comme un goût amer,  histoire de nous faire prendre conscience que ces vies là sont toujours présentes.

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