Anna Sam (sur une idée originale de Raoul Cauvin) « Le silence des poupées » éditions Acrodacrolivres.

Il a signé sans vraiment regarder de quoi il s’agissait réellement, mais Richard en avait assez de vivre dans la rue, lui qui commençait à être reconnu dans son art, lui qui vivait dans l’aisance et la facilité, son avenir était tout tracé. Mais un jour la chance a tournée, le sculpteur s’est retrouvé sdf. Alors, il a tout de suite accepté la proposition que lui a faite ce vieil homme. Richard ne vivrait plus dans la misère s’il devenait son apprenti. Il héritera de tout. Le manoir, l’argent, tout ce que possède le vieil homme.

Jeoffroi, le vieil homme est taxidermiste, empaillant les animaux qu’on lui apporte. Leur redonnant vie en créant des scènes. Jeoffroi excelle dans son art. Mais l’âge étant il formera Richard afin qu’il prenne la relève.

Richard ne semble pas conscient de ce qu’il l’attend. Peu importe, il veut exulter dans cette nouvelle activité.

Tous les jours, Richard apprend, tous les jours il progresse, tous les jours ses gestes deviennent plus précis, maniant les instruments avec dextérité et habileté. Il ne veut pas décevoir son « Maître ».

Les mois passent, son œuvre prend forme, créant des scènes venant tout droit de son imagination. Richard a trouvé sa voie. Il jubile, son Maître est fier de son apprenti.

Il faut maintenant que Richard passe à l’étape suivante. Empailler des animaux n’était qu’une mise en bouche….

On connait Anna Sam pour son livre « Les tribulations d’une caissière » paru en 2008 aux éditions Stock, traduit en 21 langues et qui connut un énorme succès.

Dans « Le silence des poupées », nous sommes très loin des hôtesses de caisse du magasin « Leclerc » Cleunay à Rennes.

Raoul Cauvin, scénariste de BD (Les tuniques bleues, agent 212, Natacha, Lou) avait une idée de thriller, mais comment concrétiser cette envie d’écrire alors qu’on est scénariste de BD. L’entreprise semblant trop complexe il décide de proposer à Anna Sam de le faire à sa place.

Le résultat est réussi. J’ai apprécié l’histoire, mais certaines scènes m’ont quelque peu dérangées. Anna Sam est entrée dans les détails et cela m’a mis mal à l’aise. Etait ce son but recherché ? Que le lecteur se sente oppressé ou bien est-ce moi qui suis trop sensible.

C’est un thriller, bien comme il faut, avec les ingrédients « gore », des morts, du suspens, des rebondissements. Bref pour les amoureux du morbide c’est le livre idéal.

Anna Sam a su nous emporter dans la folie de cet homme qui avait tout perdu. Cet artiste qui a force d’envie de réussite a plongé dans une sorte de paranoïa, de délire de création morbide.

N’hésitant pas à décrire les scènes à vous écoeurer parfois, Anna Sam a réussi à trouver les mots, pour nous faire frisonner.

Entre un élève perfectionniste qui veut dépasser le maître, un chasseur alcoolique, une infirmière  séductrice, un vieille homme qui s’éteint doucement laissant son héritage artistique à un homme prêt à tout pour retrouver la reconnaissance de son travail.

Une ambiance sombre dans un manoir remplis d’animaux empaillés, occupant le moindre recoin, donnant un semblant de vie à ce lieu sinistre, dont les sous-sol sont synonymes de mort.

J’ai sombré dans les noirceurs de l’âme……

Une très belle réussite.

Cette chronique littéraire vous plait... Partagez là sur les réseaux sociaux :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *