Guy Delisle « S’enfuir » Récit d’un otage. éditions Dargaud.

Alors qu’il effectuait sa première mission humanitaire en Tchétchénie, Christophe André se fait kidnapper par un groupe d’hommes armés. Ils ont pénétré dans sa chambre en pleine nuit, l’ont jeté dans une voiture vers une destination inconnue.

Christophe se retrouve dans une pièce où un matelas était posé avec quelques meubles.

Les jours passent, les ravisseurs l’emmènent dans un autre lieu. On l’attache au radiateur de jour comme de nuit, lui laissant un infime répit pour avaler son bol de soupe et de thé.

Les journées ne sont qu’un long monologue, des questions dont il imagine les réponses. Il pense aux autres dehors en espérant que personne ne l’a oublié de l’autre côté des murs de cette prison. Il rumine, s’angoisse, s’invente chaque jour des scénarios pour s’enfuir. Tous les jours il pense à s’évader. Mais comment peut-il arriver à ses fins quand on est attaché, prisonnier ?

Les jours passent, l’été s’est installé rendant l’atmosphère étouffante.

Les ravisseurs demandent un million de dollars pour sa libération. Somme aberrante aux yeux de Christophe. « Surtout ne pas leur donner » pense-t-il.

Les négociations vont enfin commencer. Christophe a pu parler avec Gégé un membre de l’ong. Christophe se sent soulagé. On ne l’a pas oublié.

Il est à nouveau emmené dans un autre lieu, dans une autre chambre puis dans un placard où on lui enlève enfin les menottes qui lui font tant souffrir. Il se sent presque libre, heureux de pouvoir bouger son poignet douloureux.

Christophe dort de plus en plus, la fatigue l’épuise, les jours et les nuits deviennent insupportables, la faim l’affaiblit. Pourtant d’avoir entendu son ami Gégé devait l’aider à tenir le coup. Sa libération n’était plus qu’une question de jours.

Mais le calvaire n’est pas terminé. On l’emmène à nouveau dans un endroit, on l’enferme dans une sorte de débarras toujours menotté.

Il continue à imaginer des scénarios pour s’enfuir.

L’automne est arrivé, les jours raccourcissent, les nuits sont plus fraîches. La situation semble s’être figée. On lui sert comme depuis bientôt plus de 3 mois la même soupe et le bol de thé. Christophe est à bout mais cette envie d’évasion le hante. Il faut qu’il fasse quelque chose pour stopper ce calvaire. Le choix est difficile, il pèse le pour et le contre. Réfléchit longuement, analyse cette perspective de liberté avec les risques qui peuvent en découler.

Le 8 octobre, après 4 mois d’enfermement, Christophe arrive enfin à s’enfuir échappant à la surveillance des ravisseurs.

Il marche aussi longtemps qu’il le peut malgré ses pieds blessés. Il rencontre Aslan un jeune tchétchène qui l’emmène chez lui. Son oncle contacte l’ong et Christophe va pouvoir enfin retrouver les siens.

Cette histoire retrace la période de captivité de Christophe André, humanitaire dans une ong dans le Caucase. Elle raconte son calvaire, sa souffrance, ses interrogations, ses doutes.

Guy Delisle a recueilli le témoignage de Christophe André et a réussi à en faire une histoire touchante qui ne laisse pas indifférent du fait de son authenticité.

Les dessins sont sobres, comme les textes mais cela convient très bien à ce genre de récit. On fait vite à oublier la longueur de l’histoire (428 pages) en s’imprégnant de l’ambiance pesante de la situation dans laquelle se trouve Christophe André.

Très belle BD.

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