Laetitia Colombani « La tresse » éditions Grasset.

Trois femmes aux vies totalement différentes mais aux destins si proches. Destins qui les relient grâce à cette tresse, ce lien qui les unit c’est comme une force qui s’éveille en elles, leur donnant cette envie de vivre, cette envie de se battre pour elles, pour leur liberté, leur bonheur, pour ceux qu’elles aiment.

Trois femmes battantes qui malgré les obstacles réussiront à franchir les murs qui se dressaient devant elles.

C’est une merveilleuse ode à la liberté vue par trois femmes dont les vies ne sont pas comparables mais si proches.

Smita vit en Inde avec son mari Nagarajan et leur fillette Lalita, âgée de six ans.

Smita est une Dalit, une intouchable. Elle fait partie de cette catégorie de personnes que l’on évite, que l’on ignore considérée comme de la vermine juste bonne à ramasser les excréments chez les particuliers, les Jatts.

Cette vie là, elle ne la veut pas pour sa fille. Il est inconcevable que Lalita soit souillée par cette odeur de merde qui imprègne les vêtements, le corps et l’esprit. Sa fille ira à l’école pour apprendre à lire et à écrire. Mais la vie se dessine autrement et Smita devra faire un choix crucial pour sauver sa vie et celle de sa fille.

Giulia vit en Sicile auprès de sa famille. Elle travaille dans l’atelier de son père. Avec les ouvrières, elles fabriquent des perruques et des postiches. La petite entreprise semble prospère mais le jour où son père se retrouve dans le coma suite à un accident de Vespa, la jeune femme doit prendre le relai. Elle découvre que l’affaire va mal et que sa fermeture est imminente.

C’est grâce à l’amour qu’elle porte à Kamal un exilé venant du Cashmire qu’elle va réussir à se battre pour sauvegarder l’entreprise familiale. C’est grâce à la force de cet homme qu’elle saura prendre les bonnes décisions même si sa famille envisageait d’autres possibilités.

Sarah est une brillante avocate vivant à Montréal. Divorcée deux fois, elle vit une vie très active, délaissant ses trois enfants au détriment de son travail dans le grand cabinet Johnson &Lockwood dont elle espère devenir associée.

Droite et déterminée, elle mène sa vie professionnelle d’une main de maître. Jusqu’au jour où tout s’écroule. La nouvelle fait comme un tsunami dans sa vie. Un cancer du sein est diagnostiqué lors d’une consultation à l’hôpital après qu’elle ait fait un malaise lors d’une audience au tribunal.

Sarah va devoir remettre sa vie en question. Sa maladie va doucement l’éloigner de son travail. Elle se sent rejetée exclue comme si le cancer était contagieux. Elle refuse toute discrimination, elle doit se battre pour rester la meilleure. Son travail, c’est sa force et quand on lui fait comprendre qu’elle n’est plus souhaitée au sein du cabinet d’avocats, que son collègue tant détesté prendra sa place en tant qu’associé, toute sa vie s’effondre brutalement. Aller rejoindre sa mère morte d’un cancer serait une douce délivrance, mais il a suffit d’une carte de visite qu’elle avait reçue d’une patiente qu’elle avait rencontrée dans la salle d’attente de l’hôpital pour reprendre le goût de vivre. Elle va se battre pour elle, vivre pour elle et ses enfants, faire tout ce qu’elle n’a pas fait depuis si longtemps. Vivre tout simplement.

Enorme coup de cœur pour ce livre. Une petite merveille de lecture. Ces trois destins de femmes sont d’une extrême force signe d’espoir de d’optimisme. Qu’elles vivent en Inde, en Sicile ou au Canada, ces trois femmes sont le témoignage d’existence complètement différente. Leur force, leur rage de vaincre sont leurs alliés. Elles avaient choisi leur vie mais elles ont été capables de la changer pour elle et pour ceux qu’elles aiment.

Pour son premier roman, Laetitia Colombani a su trouver les mots qu’il faut pour raconter cette histoire. Des mots simples, forts, pour exprimer des maux de notre époque.

Personnellement je n’ai pas lu le livre dans l’ordre, en tournant les pages les unes après les autres. J’ai lu en premier l’histoire de Smita, passant les châpitres concernant Giulia et Sarah. Ensuite, j’ai repris celle de Giulia et j’ai terminé avec celle de Sarah. Je voulais lire du début jusqu’à la fin et d’une seule traite chaque histoire.

J’ai refermé le livre, émue, touchée, des larmes ont coulées sur mes joues. Peut-être suis-je trop sensible ? Certainement, je l’assume et je vous recommande sans hésiter ce superbe roman.

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2 messages sur “Laetitia Colombani « La tresse » éditions Grasset.

  1. Effectivement, « La Tresse » de Laetitia Colombani est un superbe roman…
    Pour ma part, j’ai lu bien sagement dans l’ordre… passant d’un brin de la tresse à un autre, pressée à chaque fois de savoir ce que devenait cet autre brin…
    Une très belle histoire, qui ne peut que donner envie de résister contre vents et marées pour survivre aux mauvais jours.

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