Jiro Taniguchi « Le journal de mon père » éditions Casterman.

Après 15 ans d’absence, Yoichi revient à Tottori sa ville natale. Son père qu’il n’a pas revu depuis toutes ces années vient de mourir.

Ne pensant qu’être une simple formalité, Yoichi se voit confronter à son passé. Sa sœur, sa belle-mère, ses oncles sont présents lui rappelant l’histoire, leur histoire.

Tout en buvant du saké, chacun va raconter la vie de Takesi, le père de Yoichi.

Yoichi se souvient. Sa vie paisible auprès de ses parents et sa sœur Haruko.

Son père tenait un salon de coiffure, travaillant sans relâche pour faire vivre sa famille allant jusqu’à oublier sa femme et ses enfants. Yoichi ne garde que des souvenirs forts auprès de sa mère, une femme chaleureuse, aimante.

Quant à son père il n’en garde qu’un homme silencieux, obstiné, souriant parfois mais trop peu présent pour ses enfants.

En avril 1952, un gigantesque incendie ravagea la quasi totalité de la ville. Le couple ne résista pas à cette catastrophe.

Sa mère part avec un professeur, laissant les enfants à leur père.

La rupture est brutale et incompréhensive pour Yoichi. Le jeune garçon espère que sa mère viendra un jour le chercher. Mais le temps passe et Yoichi se rend compte qu’elle ne reviendra jamais. Le constat est rude et difficile à vivre. Yoichi en veut à son père, à sa mère.

Quand son père se remarie, Yoichi se sent exclu, ne trouvant pas sa place au sein de cette nouvelle famille.

Il va devoir compter que sur lui même. Prendre sa vie et son destin en main.

Plusieurs thèmes sont abordés dans cette superbe BD aux dessins d’une extrême finesse et délicatesse. La rupture, l’abandon, l’éducation, le refus et le rejet de l’autre.

Yoichi en a toujours voulu à son père. Mais le regard d’un enfant n’est pas le même qu’un adulte. En écoutant sa famille parler de ce père disparu, Yoichi se rend compte que c’était un homme bon et généreux. Qu’il travaillait dur pour offrir une vie paisible à ses enfants. Mais un tel acharnement était il plus important que l’amour qu’attendait Yoichi ?

S’éloigner des siens n’est pas toujours la meilleure solution même si cela permet de se construire et grandir. On finit toujours un jour par revenir quelques soient les circonstances.

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