Emilie Houssa « La nuit passera quand même ». éditions Denoël.

Il s’appelle Squatsh, il vit à Paris quartier Belleville avec ses parents, son frère et sa petite sœur Marie qu’il protège avec soin. Il aime l’emmener à la danse au grand étonnement de sa mère. Elle préfèrerait qu’il fasse de la boxe pour s’affirmer auprès de ses camarades.

Mais Squatsh est un garçon sensible qui se pose beaucoup de questions. Le seul endroit où il se sent bien pour penser n’est autre que les toilettes du palier au grand dam de monsieur Durant leur voisin. A-t-on idée de s’enfermer dans des wc quand d’autres en ont un réel besoin !

Ses parents possèdent une boutique de tissus. La vie des Bernstein est paisible.

Mars 1958, pendant que Ludovic le frère ainé se bat en Algérie, la famille Bernstein continue sa vie comme elle peut. A la mort du jeune soldat, la famille part en éclats.

Martha, la mère sombre dans une profonde dépression, Simon, le père travaille sans relâche. Squatsh lui continue à protéger sa soeut et Geneviève la fiancée cachée de Ludovic. Elle a mis au monde une petite fille prénommée Françoise, qui n’est autre que la fille de Ludovic. Pour raison morale, la jeune femme a du épouser un autre homme. Ludovic se prend d’affection pour la jeune mère et sa fille. Annoncer à ses parents qu’ils ont une petite fille va redonner de l’espoir à chacun. Mais le destin les poursuit……

En lisant la quatrième de couverture je m’attendait à lire l’histoire d’une famille classique partant en vacances. Une histoire simple, pleine de légèreté. Une vie tranquille pour une famille ordinaire. Loin de là. C’est bien l’histoire d’une famille revenue vivre à Paris après la guerre. Une famille qui devra affronter les horreurs d’une nouvelle guerre, celle d’Algérie. Celle qui emportera le fils ainé. Il y aura aussi la venue de cette petite fille Françoise qui redonnera joie et rire dans la famille comme si Ludovic était revenu. Il y aura encore la mort de Martha et de Marie dans un accident de voiture. Squasth restera avec un père complètement anéanti.

Squatsh affronte tous ces événements tragiques le laissant dans ses pensées et réflexions quant à la vie, la mort, sa vie, ses émois face aux hommes. Assumer son homosexualité, il doit le faire. Accepter ce corps qui ne souhaite que le contact des hommes.

Ce n’est pas un mélodrame, c’est une histoire comme beaucoup d’autres. Joliment écrit. Les mots sont aussi forts que les maux des personnages.

J’ai eu une pensée pour Jacques Tati dans « Les vacances de Monsieur Hulot » page 38. La description d’un homme achetant une raquette de tennis m’a fait immédiatement penser à lui. La façon dont il tient la raquette, les mêmes mimiques. Etait-ce un clin d’oeil volontaire ?

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