Paola Pigani « Des orties et des hommes ». éditions Liana Levi.

Quand elle n’est pas à l’école, Pia s’occupe des travaux de la ferme ou de la maison. Avec ses sœurs et frère, elle va vendre le lait, garder les vaches aux champs, faire la lessive, le repassage, le ménage. Chacun aide comme il peut les parents venus d’Italie dans les années 50.

La vie n’est pas toujours facile, l’agriculture est en pleine mutation, les paysans souffrent de ce changement et les terres souffrent de la sécheresse qui sévit sur la France. La Charente Maritime n’est pas épargnée. La situation est inquiétante, mais Pia continue sa vie d’enfant. Profitant des moments où elle ne travaille pas pour rejoindre ses amis loin des soucis des adultes.

Les vacances terminées, Pia part à l’internat, c’est une nouvelle vie pour elle. Et puis il y a ce garçon, celui qui joue de l’harmonica, celui qui réveille en elle les premiers sentiments, les premiers émois. Mais comment l’aborder !

Les années passent et se ressemblent. La vie à la ferme est toujours aussi pénible. Pourtant les parents ont emprunté pour construire une maison. C’est l’époque où les banques prêtent aux paysans pour investir, mais les conséquences sont parfois désastreuses. Etouffés par les dettes certains mettent fin à leurs jours, laissant une famille dans le désarroi le plus total.

Pia grandit dans cette famille unie où les enfants rêvent d’ailleurs car ils savent qu’ils ne resteront pas dans cette campagne sans avenir prometteur, où les agriculteurs sont prisonniers des quotas et des banques. Pia rêve d’ailleurs, d’un avenir meilleur.

Très belle histoire d’une famille italienne, dont les parents sont venu sur le sol français espérant une vie meilleure. Une histoire en toute simplicité où aucune date n’est donnée. Les événements les anecdotes, les musiques très présentes le font par eux mêmes. Une histoire d’une grande fraîcheur et de bonheur pour des enfants ordinaires dont la vie précaire ne semble pas toujours les atteindre même s’ils en sont conscients.

J’ai vraiment apprécié cette lecture toute en finesse et sincérité. J’ai été touchée et émue. J’ai souri, nostalgique. Peut être parce que Paola Pigani et moi sommes nées la même année, que nous avons les mêmes origines italiennes, que nous avons écouté les mêmes chansons, regardé les mêmes séries télévisées, que nous avons aimé sentir l’odeur de la viande qui mijote depuis des heures pour la préparation de la pastacuitta.

Ecrit avec le coeur, il ne peut que toucher le lecteur comme je l’ai été.

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